La co-production Barbajanni

Novembre 2019. Une nouvelle co-production entre mangeurs et cultivateurs d’agrumes a été contractualisée ! Elle implique cette fois un nombre plus important de groupes  et concerne un projet différent de celui de la précédente co-production d’avocats.

La co-production Barbajanni


1er novembre 2019, les signatures du contrat de co-production Barbajanni à Lentini en Sicile (vidéo VOSTF).


Vincenzo lors de la fête des Givrés de juin 2019.


  Ce sont finalement 36 groupes de consommateurs, dont 19 italiens qui ont participé financièrement à cette nouvelle co-production, pour un total de 38 925 € composé de participations de hauteurs très différentes suivant la taille des groupes. Une douzaine de ceux-ci – dont les Givrés – étaient présents le 1er novembre au domaine Barbajanni de Vincenzo Vacante à Lentini pour la signature du contrat. Les autres étaient représentés par procurations. La journée a rassemblé une cinquantaine de personnes, dont plus d’une dizaine de producteurs des Galline Felici : musique le matin, repas, tour de table et discussions, puis enfin le joyeux rituel des signatures du contrat, bien allongé par le nombre de signataires et de procurations !

 

Au cœur des échanges, l’évidence de la solidarité pour les groupes de consommateurs. L’accent porté sur l’humain, la relation et pas seulement sur le produit du côté des producteurs. Et aussi pour eux le sentiment de n’être doublement plus seuls, car soutenus par les groupes de consommateurs et aussi les autres producteurs : “quand il y a un problème, on peut réagir !”

 

Le bénéficiaire de cette co-production est Vincenzo Vacante, l’un des premiers producteurs des Galline Felici que nous avons rencontré, dès 2013.  Une photo, prise dans sa ferme de la plaine de Catane, illustre la page d’accueil de notre site depuis plusieurs années. Oranges et bourrache, une biodiversité végétale heureuse, comme un symbole d’harmonie.  Depuis nous avons rencontré Vincenzo de nombreuses fois, lui-même est devenu président des Galline Felici et il nous a fait le grand plaisir de venir à Lille en juin 2019.

 

Mais les temps changent. Depuis 2018, favorisé par certains dérèglements climatiques,  le virus tristeza de l’oranger, présent en Sicile depuis une vingtaine d’année, s’est hélas propagé rapidement dans son domaine. Une seule solution : arracher et replanter avec de nouveaux porte-greffes. Entreprise colossale et coûteuse qui a amené Vincenzo à envisager la vente de son domaine. Mais non. Car ses amis et membres des Galline Felici s’en sont émus et lui ont proposé de lancer une nouvelle co-production pour financer ces lourds travaux. Un projet que la modestie de Vincenzo l’aurait empêché de proposer lui-même.

 

Ainsi est né le projet de co-production Barbajanni, du nom de la ferme de Vincenzo. Ou plutôt projet de co-co-production, car les Galline s’y engagent financièrement aux côtés des groupes de consommateurs. Découvrez ce projet en vidéo ci-dessous, en compagnie de Brigitte et Rémi de Court-Jus (et anciens lillois !) Lisez également ci-dessous le joli Pigeon Voyageur des Galline Felici de septembre 2019 consacré à ce sujet.

Partie 1 (4:20) Qu’est-ce que la tristeza ?  Quel type d’arbre touche t-il ?
Partie 2 (3:43) Le projet de restructuration de la ferme Barbajanni.
Partie 3 (2:25) Comment ? Comme la co-production d’avocats ?

La participation des Givrés : avec d’autres groupes français et dans le cadre du réseau Usine à Gas nous avons participé en 2019 à deux réunions de préparation de cette nouvelle co-production. Le parti-pris a été cette fois de chercher à impliquer davantage de groupes que lors de la co-production d’avocats, ainsi que des groupes différents. Cet objectif est atteint : 36 groupes, dont 19 italiens, se sont engagés. La participation des Givrés est de 2 500€ (*), soit 1000 € de moins que prévu et voté lors de notre AG d’octobre car la somme des participations des groupes était nettement supérieure au montant visé (30 000 €). La participation finale des groupes (38 925 €) reste toutefois excédentaire. Il a été décidé collectivement par les groupes de maintenir cette participation dans le but de permettre aux Galline Felici de réduire leur propre participation à cette co-production (prévue initialement à hauteur de 20 000 €) et d’affecter l’excédent des participations des groupes (8 925 €) au soutien d’autres projets à venir.
(*) Tout comme pour la co-production d’avocats, cet apport n’est pas un don mais un pré-achat de produits à valoir progressivement sur 5 ans.

Le pigeon voyageur des Galline Felici de septembre 2019

LES CO-CO-PRODUCTIONS

La force d’une graine : nous vous attendons le 1er novembre 2019 pour la planter tous ensemble ! Je sais, cela paraît anodin, mais encore aujourd’hui la puissance d’une graine me bouleverse. Vouée à devenir un arbre immense ou un brin d’herbe, ce minuscule organisme renferme, telle une idée, toute la force de son devenir. Laissé face à lui même dans la nature, il n’a de chance de survivre que si les conditions météorologiques sont réunies ou que s’il a de la chance. Dès que l’on commence à cultiver la terre, on apprend que l’inconséquence n’est pas permise. De la graine à la plante adulte, il convient de lui prodiguer des soins en permanence, d’être attentif et de lui consacrer du temps, d’observer et réfléchir à ce qui se produit autour et de faire tout cela avec passion.

Chaque fois que je raconte la puissance de notre collectif à des personnes qui ne nous connaissent pas ou à des personnes désillusionnées, je ressens ce même enchantement. C’est formidable de voir dans les yeux de son interlocuteur la défiance se transformer progressivement en étonnement et finalement en espoir. D’une discussion avec Rémi (voir ci-dessus les 3 vidéos dans lesquelles ce dernier explique aux côtés de Brigitte et Vincenzo certains points des Co-Co-Productions) il en est ressorti que nous avions quasi réussi (je ne crois pas que nous ne nous sommes montés la tête) à “rendre possible l’impossible”.

Lorsque, entre membres des Galline Felici, nous avons commencé à parler du projet des premières Co-Productions (celles des avocats), certains avaient des doutes quant à la faisabilité du projet et certains n’y croyaient pas. Et pourtant…

Aujourd’hui, alors que Jacques, ami et consommateur français, nous fait parvenir des avocatiers en Sicile le groupe l’Usine à Gas se consolide et travaille à la diffusion de modèles sociaux, économiques et culturels alternatifs. Il propose de promouvoir l’Opération Barbajanni en racontant l’histoire de Vincenzo à ceux ne la connaissant pas ou n’ont pas idée qu’elle puisse exister. Je pourrais continuer à donner des dizaines d’exemples qui illustreraient comment, à force de travail et d’investissement, de la graine que nous avons plantée il y a quelques années à aujourd’hui, est née une plante qui ne cesse de grandir.

Lorsque nous avons lancé les premières Co-Productions, cela me parut impossible que nous réussissions à rassembler la somme nécessaire pour planter les arbres. Je n’aurais jamais imaginé que le projet rencontrerait un tel succès et que nous créerions des relations si intenses malgré la distance.

Désireux de contribuer activement au changement dont nous sommes les acteurs, de nombreux petits groupes ont décidé de rejoindre le projet des Co-Co-Productions. La ferme Barbajanni n’est pas à vendre. Vincenzo replante des arbres, arrache ceux qui sont morts et travaille à développer la biodiversité dans sa ferme. Bien que la somme nécessaire à la réalisation de toutes les opérations de restructuration n’ait pas encore été atteinte, il poursuit son travail.

Je suis sûr que le 1er novembre, jour de la fête et de la signature du contrat, nous aurons de quoi nous réjouir et danser et je réitère l’invitation car, plus on est de fous, plus on rit ! Membres du Consortium, signataires du contrat, curieux.ses et bien sûr Vincenzo ainsi que ses collaborateurs : nous planterons tous ensemble des arbres qui constitueront une haie.

Nous vous attendons !

A bientôt,

Mico  (c’est-à-dire Michele, celui des figues de Barbarie de Michele)