On ne les connaît le plus souvent en France que sous leur dénomination générique de «sanguines». Elles sont les sœurs mal-connues et mal-aimées des oranges blondes. Et pourtant, qu’elles se nomment Tarocco, Moro ou Sanguinello, ce sont sans doute les meilleures oranges de Sicile !


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Vivent les oranges rouges !

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Eruption de l'Etna (photo : meteoweb.eu)

Les oranges rouges sont les plus cultivées en Sicile

Les oranges rouges représentent environ 70% de la production totale d’oranges et sont principalement cultivées dans la plaine de Catane et ses alentours. Elles trouvent là un terroir et des conditions climatiques spécifiques, – dues à l’Etna et à son activité volcanique millénaire – qui rendent leur goût et leur composition organoleptique uniques au monde. Les oranges rouges de cette zone bénéficient à ce titre du label européen IGP « Arancia rossa di Sicilia ».

L’Etna est le volcan le plus haut d’Europe (3300m) et un des plus actifs au monde. Regardez-le en direct avec ces webcam. En savoir plus sur les humeurs de l’Etna ? Voir la page Réveil musclé de l’Etna à Noël (2018)

Vous avez dit anthocyanes ?

Trois variétés principales d’oranges rouges sont cultivées en Sicile : la Tarocco, la Moro et la Sanguinello. Toutes trois doivent leur pigmentation plus ou moins prononcée à la présence, dans leur pulpe et leur écorce, d’anthocyanes. Ces pigments naturels, dont la coloration peut s’étendre du rouge au bleu, se retrouvent, aussi et entre autres, dans les baies de sureau, les aubergines, les cerises et la peau de raisin . Au pied de l’Etna les oranges rouges trouvent des conditions climatiques optimales pour leur maturation : chaleur et ensoleillement bien sûr, mais aussi écarts thermiques importants entre la nuit et le jour. Ce sont ces écarts thermiques qui accumulent dans l’orange des anthocyanes, lesquelles ont des propriétés antioxydantes qui protègent le fruit… mais aussi notre santé (voir ci-dessous).

Dans la plaine de Catane (à gauche chez Vincenzo ), les températures moyennes annuelles se situent entre 17°C et 19°C, avec des pointes à 40°C en été. Mais de nuit, en hiver, la température peut s’approcher de 0°, alors que la température de jour reste relativement douce (15°C-16°C).

Oranges Tarocco
Oranges Moro

L’orange Tarocco (décembre-février) est la plus cultivée, c’est la reine des oranges d’hiver ! Plus riche en vitamine C que toutes les autres oranges, son écorce est d’un orange intense pigmenté de points rouges. Elle présente un « museau » caractéristique qui la distingue de ses consœurs. Sa pulpe est blonde-rouge, sa texture et sa saveur sont… incomparables !

Si on ne la dévore pas illico, tant elle est délicieuse, on peut en faire de savoureuses salades ou marmelades. La Tarocco est la plus cultivée des oranges rouges en Sicile, mais elle présente un défaut majeur pour sa récolte : «si staccanu ru pirricidu e cascanu», dit-on en sicilien (à maturité elles se détachent de leur pédoncule et tombent). Les pertes peuvent donc être importantes et leur calendrier de commercialisation est court.

Lorange Moro (décembre- février) est plus petite et plus pigmentée. Sa pulpe est la plus riche en anthocyanes, elle peut se teinter d’un pourpre-violet très profond. Son acidité est un peu plus prononcée que celle de la Tarocco.

L’orange Sanguinello (février-avril) est la plus tardive. Son acidité est plus faible.

Les oranges de la santé

Riches en vitamine C (80-90 mg pour 100 mL de jus de Tarocco et environ 60 mg pour les Moro) et en anthocyanes (jusqu’à 1000 mg/L pour les Moro et 800 mg/L pour les Tarocco), les oranges rouges, véritables « oranges de la santé », comportent aussi des vitamines A, B1 et B2 ainsi que de nombreux extraits minéraux, dont du calcium. De nombreuses études scientifiques (1) ont montré les vertus bénéfiques antioxydantes, antivirales, antiallergiques, anti-inflammatoires et anti-tumorales (n’en jetez plus !) de la vitamine C et des anthocyanes présentes dans les oranges rouges siciliennes. Celles-ci sont d’ailleurs présentes sur les places italiennes lors de la journée nationale de lutte contre le cancer.

(1) Si vous lisez l’italien vous pouvez consulter par exemple cet article

(P.E. 30/12/2013, modifié 10/10/2018, sources : Gallinefelici, Wikipedia, http://www.ismea.it, http://www.tutelaaranciarossa.it)