Nous nous fournissons auprès de la coopérative IRIS en pâtes et autres produits. L’histoire et les valeurs de cette coopérative créée en 1978 près de Cremone sont tout à fait exemplaires. Les Givrés sont (très) fiers de les connaître, de les soutenir et de vous les faire connaître !

La coopérative IRIS

 


Tout savoir sur la fabrication des pâtes à l’IrisBio ? Regardez cette vidéo (italien sous-titré anglais)

… à lire aussi :

 La filière agricole IRIS et le prix du blé dur (pdf, juillet 2016)

  Les actions mutuelles de la coopérative IRIS (pdf, août 2016)


Compte-rendu du voyage des Givrés en avril 2017

La coopérative Iris Bio produit ses pâtes à partir du blé qu’elle fait pousser elle-même, et aussi qu’elle achète à un réseau de 300 paysans à travers l’Italie qui cultivent blé dur et épeautre en bio. Cette filière est une des fiertés de l’Iris Bio : elle offre aux paysans soutien technique et solidarité.En particulier les prix d’achat des céréales sont fixés à l’année, ainsi les producteurs ne pâtissent pas des fluctuations du marché. Iris Bio refuse de distribuer ses produits en grande surface, elle ne le fait qu’auprès de magasins sélectionnés et privilégie la vente directe et les groupes d’achats solidaires.La coopérative fait aussi pousser des salades, du maïs, des pois chiches, des tomates, des courgettes, des melons, des pastèques, tous bio. Tout comme les porcs qu’elle élève en semi-liberté, nourris d’herbe… et de rebuts de production de pâtes.

Les pâtes sont travaillées à l’eau froide et à basse pression, pour maintenir leurs qualités nutritionnelles. Dans le « pastificio », littéralement la « fabrique de pâtes » -on pourrait dire la « pâterie »-, qui emploie 70 personnes, les pâtes sont « tréfilées », c’est à dire étirées pour obtenir la forme voulue, dans des moules en bronze, puis elles sèchent très lentement, souvent plus de 20h. C’est ce qui leur confère leur très bonne tenue à la cuisson et leur aspect rugueux, propre à retenir les sauces.

L’aventure a commencé il y a 40 ans, dans cette région de canaux creusés depuis le Moyen-Âge, très fertile mais aussi très touchée par les ravages de la pollution issue de l’agriculture intensive. Au début, il y avait 9 paysans, maraîchers et producteurs de blé dur, engagés résolument dans l’agriculture biologique.Ils ont fini par maîtriser toute la filière, jusqu’à fabriquer leurs pâtes, dans un pastificio en difficulté économique, qu’ils ont décidé en 2005 de reprendre pour y maintenir l’emploi.

En 2013, ils ont décidé de fabriquer un nouveau bâtiment, en construction écologique. Sa façade est constituée d’un matériau, mis au point par des chercheurs de Milan: il est composé de terre, de titane et d’argile. Il a des propriétés auto-nettoyantes, et surtout, c’est un bon isolant thermique, ce qui maintient une température douce, indispensable à la fabrication des pâtes.

Le toit du bâtiment est végétalisé,et les eaux usées sont filtrées par un système de phyto-épuration,et redistribuées gratuitement aux agriculteurs voisins par les canaux d’irrigation. Des panneaux photovoltaïques offrent quatre mois d’électricité à la fabrique.

Sur les 7,5 millions d’euros qu’a coûté le bâtiment seul inauguré en 2016, plus de la moitié ont été réunis par financement participatif et émission de parts sociales. Les Givrés – donc nous toutes et tous! – en ont deux.

La coopérative est composée d’un Conseil d’Administration et d’une assemblée générale des 500 sociétaires, seule cette dernière peut prendre des décisions d’ordre politique ou statutaire. La gouvernance est partagée, proche de l’autogestion. Aucun des administrateurs, ni même le président ou les responsables de secteur ne touche de primes particulières pour l’exercice de leur fonction. Les 70 salariés du pastificio sont sociétaires ainsi que de nombreux agriculteurs et artisans de la région. Une révolution, quand on sait que ces mêmes agriculteurs ont d’abord commencé par voir d’un très mauvais œil cette bande de doux-rêveurs qui voulaient faire du bio, s’organiser en coopérative et pratiquer la propriété collective, seul moyen pour eux d’acquérir de la terre dans une région où les terres agricoles peuvent coûter jusqu’à dix fois plus cher qu’en France.